"Vous connaissez tout, et si quelqu'un peut me pardonner, c'est vous. Je vous demande pardon. pardon d'avoir détruit vos vies, pardon de n'avoir jamais dit la vérité. Et pourtant, [...] je suis sûr que ton intelligence, ta bonté, ta miséricorde auraient pu me pardonner. Pardon de n'avoir pu supporter l'idée de vous faire souffrir. Je savais que je ne pouvais pas vivre sans vous, mais aujourd'hui je suis encore en vie et je vous promets d'essayer de vivre tant que Dieu le voudra, sauf si ceux qui souffrent à cause de moi me demandent de mourir pour atténuer leur peine. Je sais que vous m'aiderez à trouver le chemin de la vérité, de la vie. Il y a beaucoup, beaucoup d'amour entre nous. Je vous aimerai encore en vérité. Pardon à ceux qui pourront pardonner. pardon aussi à ceux qui ne pourront jamais pardonner."
L'adversaire, Emmanuel Carrère (pp. 201-202)